La Neutralité

« Le corps est le vaisseau de l’âme, la neutralité celui de la conscience. »

Pour imager l’état de neutralité, imaginez un triangle de base se composant de trois points : l’Esprit (l’énergie), le Corps (la matière), l’Être (l’union des deux), et le quatrième point formant le sommet du tétraèdre : la Vie (le lieu de toutes les interactions).

L’état de neutralité crée l’équilibre, c’est-à-dire l’équidistance, entre ces quatre points. Et l’équilibre s’acquiert par une suite de constats qui vont amener, de façon évolutive, des prises de conscience. En identifiant et en acceptant tout ce qui crée du déséquilibre, il est possible à l’Être de modifier ses priorités et réorienter tant ses choix que ses actes. Et ce, guidé par le bon sens, cette forme d’intelligence de base, instinctive, présente en chacun.

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...n’engage pas la part intime de l’Être, ce qui concerne ses convictions propres, ses croyances culturelles comme religieuses, le choix de ses modes d’interactions sociales, ainsi que tout ce qui appartient à l’univers de ses pensées. La neutralité ne remet pas en cause sa structure, ne modifie en rien ses valeurs ni ne change rien de son mode de fonctionnement, quel qu’il soit. Au contraire, la neutralité, en simplifiant son expression, laisse place à l’émanation naturelle de son être.

La neutralité est un état d’être : calme, serein, heureux sinon joyeux, qui permet à chacun de se présenter face à l’autre, aux autres, en totale ouverture et écoute sans offrir le moindre aspect dérangeant qui pourrait être utilisé contre soi. C’est sur le chemin de la neutralité que seront mis en évidence tous les déséquilibres dans l’expression du corps, ces gestes réflexes tellement significatifs, ces réactions épidermiques qui dépassent la lucidité mais résument une pensée inconsciente. Il y a ces attitudes corporelles qu’on pense sans importance, dont la portée évocatrice est indiscutable pour la personne en face, tous ces moments laissés à l’abandon de la conscience où, comme le dit si bien l’expression, « on donne le bâton pour se
faire battre ». Par là, je veux évoquer ces fatalités qui semblent frapper certaines personnes de façon récurrente : « je me fais toujours avoir », « je n’ai jamais de chance », « je n’ai pas confiance en moi », « au travail, les corvées c’est toujours sur moi que ça tombe », « je rate tout », « mes conjoints ont tous été violents », « je ne tombe que sur des menteurs », « mes femmes m’ont toutes quitté », « personne ne me voit », « je me fais tout le temps voler »…

Dès qu’un processus se répète, le corps en porte les stigmates. Et les stigmates dessinent, sinon renforcent, dans l’invisible, ce que j’appelle « la deuxième colonne vertébrale » d’un personnage, créé dans l’enfance sur des fausses croyances, et qui a besoin, pour son équilibre, de trouver un alter-ego qui réponde à ses attentes. 

« Qui se ressemble s’assemble » dit l’adage. Ces informations sont révélées, dans le visible, par d’insignifiantes touches comportementales qui, en revanche, sont très parlantes dans l’invisible pour le fameux alter ego.

Il est à préciser qu’il n’y a pas de coupable dans la relation, parce que l’alter-ego se
trouve également emprisonné dans un processus identique. Il est ici question de nos
projections, nos projections sur l’autre, que la neutralité offre comme avantage de limiter ou de gommer.

La neutralité révèle le meilleur de l’être, d’abord en sollicitant son intelligence de coeur,
alliée au bon sens qui le relie à tous. Ensuite, peut-il plus aisément comprendre et accepter, grâce à cette conscience élargie, sa propre vie ainsi que celle de tous les êtres qui l’entourent. Enfin, la neutralité lui permet d’incarner cette force tranquille qui autorise, en toute confiance, car débarrassée de tous préjugés, à révéler son autorité naturelle, son charisme, sa séduction, c’est-à-dire l’excellence de son expression.

La neutralité fait naturellement sortir de sa zone de confort en exigeant un état élevé de conscience, connecté directement au présent. La neutralité bouscule les codes de la société contemporaine où tout doit aller vite, où il faut faire, résoudre, finir, avant même d’avoir réfléchi à la portée de chaque action.

Être Neutre

Être neutre, c’est être simple. C’est assumer ce qu’on fait au moment où on le fait et comment on le fait, parce qu’on en a la pleine et totale conscience et qu’on est en parfait accord avec qui on est, parce que connecté en permanence à sa vérité intérieure.

Être neutre, c’est l’authenticité sur l’instant, de façon indiscutable, et ce, sans qu’il soit
besoin de dévoiler quoique ce soit d’intime.

Être neutre, c’est être conscient que toute pensée vient colorer l’expression et que le corps la diffuse dans l’invisible.

Être neutre, c’est permettre à toute couleur, conscientisée, de beaucoup moins interférer, sinon plus du tout, dans le message que l’on souhaite donner. Elle est comme « neutralisée ».