L’Intelligence Émotionnelle VS Neutralité

(En réponse à une question de Yohanna Gomez, psychologue du travail, sur ce que je pensais de l’Intelligence Émotionnelle, et après avoir lu son article sur le site Entreprise Heureuse « Pourquoi développer les 4 compétences d’Intelligence Émotionnelle ? »)

L’intelligence émotionnelle est, en effet, un concept américain qui allie deux mots, aussi non miscibles que l’huile et l’eau oserais-je, intelligence et émotion… On peut mettre de l’intelligence partout, c’est très tendance, et en mettre dans un processus réflexe du corps, pourquoi pas. Mais là où je ne vous rejoins pas dans votre explication, c’est quand vous évoquez qu’il s’agit de rester naturel et de contrôler ses émotions pour ne pas se laisser dicter sa conduite par elles.

Ce ne sont pas nos émotions qui dictent notre conduite, mais les sentiments que nous nourrissons à l’égard de ces émotions.

Exemple : J’ai sursauté en entendant un bruit inhabituel dans ma maison. La peur est donc l’émotion réflexe qui ne dure que quelques secondes. C’est ce que je vais en faire après qui va influer grandement sur mon comportement et va pouvoir, selon mon état psychologique, s’installer dans le temps : « Je me sens ridicule d’avoir eu peur, il n’y avait vraiment aucune raison ! »

Et là, commence à s’installer le sentiment de honte de soi, voire de mépris, oh, pas de façon grossière, non, ça s’installe subtilement, et ça fait du lien petit à petit avec tous les souvenirs liés à ce sentiment. Vont alors remonter grâce à notre cher mental, bras armé de notre inconscient, toutes les situations où je me suis trouvé ridicule, peureux, nul. Et cette formidable accumulation va réinstaller à nouveau une vérité en soi que l’on ne connaît que trop : « Je suis nul, incapable, incompétent… », ou tout autre subtil sentiment de dénégation de soi, et je sais à quel point l’être humain est supérieurement intelligent pour s’en créer !!!

Ainsi donc, l’émotion en elle-même ne fut qu’un signal, objectif, qui n’a rien à voir avec le mental. Alors que le sentiment qui en résulte, et qui, lui, va s’installer dans le temps, est un pur produit de notre psychologie, de notre état mental. On devrait donc plus parler d’Intelligence du Sentiment que d’Intelligence Emotionnelle… Essayer de maîtriser l’émotion ne me paraît donc pas une juste explication. C’est plutôt tout le processus qui en résulte qui doit être conscientisé.

Et c’est là où intervient la Neutralité, où je fais le lien entre Théâtre et Vie.
Pour moi, la Vie est une grande scène où nous ne cessons d’avoir des masques pour cacher notre propre réalité, tant à nous-mêmes qu’aux autres. Et la Neutralité permet de neutraliser, sinon gommer, tous les masques, toutes ces couches de sentiments non-exprimés.


Mais ce sera le sujet d’un autre article !
Au plaisir !
Et n’hésitez pas à réagir !


Dominique Loquin

2 réponses sur “L’Intelligence Émotionnelle VS Neutralité”

  1. Bonjour Dominique,
    Merci pour cet article très intéressant !
    L’émotion de l’être humain est à mes yeux la chose la plus complexes à gérer. Je vous rejoins totalement cela dit, ce n’est pas l’émotion en elle-même, mais ce qu’on en fait qui compte.

    1. Bonjour Michèle,
      Merci pour votre commentaire que je ne peux que rejoindre et comprendre à la lecture de votre phrase en exergue de votre profil LinkedIn.
      Cela dit, pour avoir échangé avec plusieurs spécialistes en neurosciences et psychologie, je conscientise qu’il y a une forme de va et vient entre émotion et sentiment. En effet, l’émotion n’est pas que la seule source du sentiment, (ainsi qu’on l’éprouve avec une infinie justesse dans la création des personnages au théâtre) elle peut lui être conséquente en des cas très particuliers, et que l’intelligence est une sorte de « synapse » entre ces « neurones » qui, en créant des liens qui produisent des effets.
      Mais quoiqu’il en soit, quoiqu’il se passe dans le corps (dont la tête fait partie !) c’est ce qu’on en fait qui compte, comme vous le précisez justement. Et ce « faire » tient justement de l' »être », de la conjonction de trois niveaux du cerveau, reptilien, limbique et cortex, pour que l’instinct s’enrichisse d’émotion et crée une réflexion cohérente avec l’individu lui-même. L’acte issu de ce mouvement intérieur ne peut qu’être juste.
      Très belle journée à vous !

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