Le Corps

Parce qu’il n’est d’Être qui ne soit d’abord un Corps.

Parce qu’il n’est d’Expression qui ne naisse d’abord dans un Corps.

Parce qu’il n’est de Vérité qui ne traverse d’abord l’essence de ce Corps.

Apprendre son corps, c’est s’apprendre soi.

C’est communiquer avec son premier outil d’expression. Quel niveau d’écoute en avons-nous ?

Quelle conscience avons-nous de ce qu’il nous raconte ?

Quels liens faisons-nous entre ce qui est possible ou impossible physiquement, et ce qui l’est ou non dans notre vie, dans tous nos territoires d’expression ?

Le corps est un lieu d’expériences. Il témoigne de nos épreuves à dépasser et garantie leur résonante efficience sur tous les autres aspects de notre vie.

Être conscient de cette réalité est utile pour qui se veut artiste de sa propre vie. Elle est essentielle pour tout artiste de scène.

Le corps est le véhicule que choisit l’esprit pour venir s’incarner sur terre. En tant que monture de l’âme, il est un sas entre ces deux mondes, celui de l’esprit et celui de la matière. Celui de l’esprit fait appel à la dimension spirituelle de chacun, souvent liée à une culture, à une éducation, à l’influence d’une communauté religieuse sinon à des croyances nées d’un parcours intime. Il n’est pas lieu ici d’en débattre. En revanche, sur le plan de la matière, le corps physique est avant tout un corps social, au coeur des interactions visibles comme invisibles entre les corps, dans les relations intimes, familiales, amicales, professionnelles et sociales.

Le corps, en tant qu’outil fondamental du quotidien avec lequel chacun essaie de vivre, ce corps que chacun essaie d’écouter dans la mesure du possible afin qu’il le serve au mieux dans ses activités, qu’en est-il de son fonctionnement propre ? Qu’en est-il de toutes les interactions qu’il engendre : qualité de rayonnement qu’il crée, rapports de force qu’il induit et subit ? Si l’on peut constater l’excellence de ses expressions, quels en sont les rouages de base et comment les identifier simplement ? Si le corps est désaccordé par un comportement désapproprié, une croyance limitante, un fol assujettissement, peu importe le chemin que chacun choisit, les envies qui l’habitent et le futur qu’il projette, son expression ne sera pas juste. Il ne s’agit donc pas de perdre du temps à analyser les actes, ces fausses notes qui polluent le parcours d’une vie, il faut d’abord et avant tout réaccorder l’instrument.
Ce que j’ai pu vérifier depuis trente années d’enseignement, ce sont les liens très étroits qui existent entre la façon qu’a l’individu de gérer son propre corps, donc le connaître et le maîtriser, et la façon qu’il a de gérer sa propre vie. L’intérêt du travail sur la Neutralité est qu’il amène chacun à faire face, sans jugement, au degré de maîtrise ou non qu’il a de son corps, de son geste, et du mouvement de son corps dans l’espace.

Le corps synthétise l’identité, cristallise les fausses croyances de l’enfance enkystées en certaines zones : viscères, articulations, tissus, réseaux veineux, muscles, membres. Il crée des problématiques insignifiantes comme récurrentes, ponctuelles comme durables : des difficultés ou des incapacités gestuelles, du handicap, de l’allergie, de l’intolérance, de la dépendance, des troubles psychiques et/ou psychologiques.

Dominique LOQUIN

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