Se dépayser… pour mieux se rencontrer

L’immersion au coeur d’un Accompagnement Individuel Personnalisé

Se déplacer géographiquement : perdre tout repère et faire face à l’inconnu.
Vivre une parfaite immersion dans cet univers à découvrir : SOI.
Être le centre de ses priorités, en s’éloignant de tout ce qui fait son quotidien.

Au départ, tous les sens sont sollicités par la nouveauté de l’environnement : l’endroit où va avoir lieu l’accompagnement (ville, campagne, mer, montagne…), l’espace particulier où l’être va vivre et celui où il va travailler. Par ce simple fait d’être déconnecté de toutes références connues, les sens de l’être sont en alerte, ne serait-ce que par pur réflexe de préservation.
Tout déplacement géographique déplace les priorités.

Les conditions de l’immersion totale amènent à se découvrir avec un nouvel angle de vue, ainsi qu’on le fait quand on rencontre une personne inconnue. Car que fait-on dans ce cas ? On l’écoute, on la regarde, on l’observe, on la contemple de tous nos sens, on cherche réponse à toutes ces questions qui naissent au fur à mesure qu’on la découvre, pour déchirer ce voile de l’inconnu et faire véritablement connaissance avec qui elle est.

Ainsi, cet espace géographique encore inconnu, autour de soi, va naturellement faciliter la rencontre avec ses propres géographies intimes, encore inconnues, à l’intérieur de soi.
Chaque exercice de la préparation corporelle va ouvrir une nouvelle porte sur le vaste
territoire de son premier outil d’expression : son propre corps.
Sollicitant la détente physique comme psychique, ces exercices font appel à l’éveil de tous les sens en développant les perceptions sensorielles et les ressentis physiques, pour élargir la conscience du corps, dont l’être ne cesse de découvrir les infinis potentiels.

A force d’avoir tous les sens tournés vers le corps, à l’affût du moindre ressenti, du moindre changement au niveau du squelette, des muscles, des tendons, des viscères, de la moindre évolution au niveau des tensions, de son état d’être intérieur, au bout de cinq jour, l’esprit va s’en trouver aiguisé comme il ne l’a, sans doute, jamais été.
Exécutés de façon ludique, où rires et larmes se côtoient dans le même mouvement de libération, les exercices sollicitent naturellement l’hippocampe, cette partie du cerveau chargée de fonctions importantes, comme celles de la mémoire et de l’apprentissage qui vont être utiles pour accéder à cet autre dépaysement : le langage de la neutralité.
L’apprentissage de la neutralité, facilité par la préparation corporelle, ouvre à la conscience du corps et du geste, dans l’espace.
Ce travail, d’une très grande exigence de précision, sur la conscience du geste, interroge le degré de maîtrise du déplacement du corps dans l’espace et éclaire, de façon indiscutable, sur la manière dont l’être lui-même se déplace dans sa propre vie.

Il s’agit d’intégrer, de façon organique, les liens qui existent :

  • entre intérieur du corps et monde extérieur
  • entre ce qu’on vit et comment on le vit
  • entre ce qu’on fait et comment on le fait
  • entre ce qu’on est et comment on l’est

Juste faire des constats. Sans s’expliquer, ni se justifier.

Juste réveiller cette part de génie qui sommeille en chacun : la capacité à faire des liens.
Comprendre que ce sont ces liens, entre l’organique et le physique, entre l’être et l’expression, qui dessinent l’espace et créent le monde à chaque instant.

S’immerger, pour rencontrer l’Être Créateur qui sommeille en Soi.

S’immerger, pour faire le ménage intérieur et rompre les liens avec les mémoires toxiques* des anciennes peurs, tristesses, colères, inquiétudes, et mésestimes de soi.
S’immerger, pour renaître de soi, lavé du passé.

Dominique Loquin

*Lire le post traitant des « Mémoires toxiques »

Mémoires toxiques

Retrouver ces gestes quotidiens qui réveillent les mémoires toxiques.

C’est au coeur du quotidien que se nichent tous les gestes anodins, réveillant les mémoires toxiques, et qui ramènent, de façon très subtile, aux anciennes programmations. Ce sont des gestes très anodins qui, inconsciemment, sapent le travail de changement qu’on souhaite engager pour faire évoluer nos conditionnements.

Une vérité : l’inconscient a horreur du changement. Il se sert du mental, son bras armé, pour ramener l’être à ses anciens fonctionnements.

« Mais pourquoi l’inconscient a peur du changement ? »

Pour simplifier en s’aidant d’une métaphore : l’inconscient est comme un logiciel directeur. L’enfant, de 0 à 7 ans, va le programmer avec des informations qu’il reçoit de son entourage et qu’il va cuisiner à sa sauce, avec son esprit d’enfant. Informations qui répondent essentiellement à cette grande question qui taraude tous les êtres, et ce, parfois jusqu’à leur mort : « Qui suis-je ? »

L’enfant, de 0 à 7 ans, est une éponge qui absorbe tout. Guidé par ses besoins vitaux, dont l’amour est le plus fondamental, il est en exploration permanente de ce qu’est la Vie. Donc en permanence face à la nouveauté, il ne cesse de découvrir et d’absorber tout, sans faire de tri sélectif. Quand, tout à coup, l’adulte, sensé être un guide éclairé, le nourrit de qualificatifs négatifs, l’enfant les accueille comme des vérités, surtout s’ils sont répétés à l’envi. Un enfant n’est qu’amour. Quoiqu’il vive, quoiqu’il subisse de ses parents, il les aime, et il les protège. Contre tout, contre tous, contre le regard extérieur porté sur eux, et, au-delà de tout, s’il le faut, contre lui-même. A aucun instant, il ne peut accepter l’idée de penser, ni d’agir, contre eux.

Les « tu es nul(le) », « tu es stupide », « tu ne sauras jamais rien faire », « tu es méchant(e) », « tu es moche », « tu gâches la vie de tout le monde », « t’aurais jamais dû naître ! », (et je reste très sage dans les mots et expressions !) ainsi que tous les gestes qui souvent les accompagnent, sont accueillis comme des réponses tangibles à la question « Qui suis-je ? ». Car l’enfant ne juge pas ce qu’on lui dit, ni ce qu’on lui fait. Une seule chose compte, sur l’instant : on lui apporte une réponse !

Quand il va se trouver en d’autres occasions, en classe, dans ses activités extrascolaires, ou à d’autres moments de sa vie, il suffit qu’on l’affuble à nouveau de propos négatifs (et on sait à quel point l’enfance peut être un monde cruel) et que ceux-ci résonnent avec ceux déjà entendus de la bouche des adultes « guides », ils vont se graver comme de véritables lois sur le logiciel qu’est son inconscient.

Après l’âge de sept ans, il va devoir faire le choix parmi tout ce qu’il a stocké, tout ce qu’il a vécu, enregistré et surtout ce qu’il a gardé, gravé sur le logiciel, durant ces sept années.

Et c’est là que se cachent les germes des mémoires toxiques.
Quand le préadolescent va se trouver face à une situation inconnue, la première émotion qui va monter, naturelle, saine, pleine de bon sens, il ne va pas la reconnaître, parce qu’il ne l’a jamais vécue avant. Et même s’il la vécue, avant l’âge de 7 ans, ses dispositions intérieures ont tellement évolué que c’est presque comme s’il était un autre. Cette émotion, qui dure quelques secondes, va engendrer des sentiments. Sentiments à la hauteur de l’incompréhension qu’il a pu vivre sur l’instant. En liaison permanente avec son logiciel, l’inconscient, celui-ci ne reconnaissant pas la situation et sentant le déséquilibre du préado, va envoyer son meilleur soldat, le mental, lui rappeler toutes les vérités qu’il avait gravées avant l’âge de 7 ans.
L’inconscient ne lui veut pas de mal, tout comme le mental, ils agissent simplement comme les garants des informations stockées ! Et ils vont se battre pour ramener l’enfant à ses anciennes croyances. Parce que ces croyances, pour l’inconscient et le mental, ce sont comme des ordres à respecter !

Si l’enfant a cru à tout ce qu’on a pu dire de lui, et que, tout à coup, il découvre de nouvelles dimensions de perceptions de lui-même, alors il change de paradigme et, de fait, modifie son fonctionnement intérieur, ce qui va à l’encontre de ce qui était programmé avant.
Là, l’inconscient intervient et, par le biais du mental, lui rappelle qui il est !
Pour l’aider, il lui fait faire un voyage dans le temps, afin qu’il se retrouve dans les mêmes dispositions qu’au moment où il gravait, sur le fameux logiciel, ses fausses croyances.
Et des moments identiques, au fur à mesure qu’il a grandit, il en a vécu plein ! Comme des maillons d’une chaîne qui se réinventent de façon cyclique.
Si la croyance a été gravée, enfant, dans son inconscient, elle s’est progressivement incarnée dans son corps, puis dans ses gestes, jusque dans ses plus subtiles expressions.

C’est ainsi que, tel un livre ouvert, chacun expose, à qui sait lire les corps, son histoire, à travers ses gestes inconscients, ses attitudes réflexes, sans qu’il n’ait besoin de rien exprimer avec son visage, et encore moins avec ses mots.

Je voudrais citer l’exemple d’une personne avec qui nous avions vécu un accompagnement individuel et qui avait trouvé de nombreuses réponses éclairant une véritable libération.
Après cinq jours passés ensemble, elle rentre chez elle et retrouve son quotidien qui, tout à coup, reflète sa vie d’avant l’accompagnement, son monde d’avant ce profond changement intérieur.

Elle a envie d’un café. Elle prépare la cafetière et, déjà tout heureuse de s’accorder un petit moment de plaisir, cherche le café. Le placard où se trouve le café est excentré par rapport à la cafetière, premier étonnement. Puis, elle réalise, un peu surprise, qu’elle doit déplacer le paquet de sucre qui est devant pour pouvoir l’attraper. Sucre, d’ailleurs, dont elle ne se sert plus, puisqu’elle a arrêté d’en consommer depuis plusieurs mois. Avoir ce paquet dans les mains, dont elle ne sait quoi faire, la contrarie quelque peu. Et, en attrapant le paquet de café, sans le faire exprès, (bien évidemment !!) elle fait tomber le paquet de farine qui était calé juste au-dessus d’une boite sur le côté, mais mal fermé. Le paquet s’éventre et de la farine s’envole partout, sur le plan de travail, sur le sol de la cuisine, et sur elle également. Tout à coup, l’aventure très plaisante de déguster un café prend une tout autre tournure. Ce qui devait être plaisir devient une vraie galère !

Et, tout à coup, ce petit événement anodin lui fait faire un voyage dans le temps. Comme s’il la projetait dans le passé, à un même moment déjà vécu de la même manière, surtout à une même émotion chargée de mêmes sentiments.
C’était, il y a quelques mois, elle avait fait ce geste, ce même geste ! Et elle avait déjà pesté contre ce café inatteignable, contre ce meuble mal rangé, contre cette difficulté à vivre même un moment aussi simple que de faire un café !!
Et elle s’était écroulée en larmes, de dépit, parce qu’à ce moment-là, elle venait de vivre réellement un événement très douloureux : une rupture sentimentale doublée de la perte d’un travail… plus qu’un échec, une dévastation…
Et elle s’était étalée sur sa vie. Elle en avait déduit qu’elle était vraiment nulle, incapable d’aimer ni d’être aimée, qu’elle n’avait vraiment pas de chance, qu’elle ne savait rien faire correctement, qu’on ne pouvait pas lui faire confiance, qu’elle n’arrivait à rien, et n’arriverait jamais à rien, etc.

Et, là, devant le meuble, couverte de farine, le paquet de café dans une main, le paquet de sucre dans l’autre, impotente, elle fait des liens avec les différents domaines de sa vie :

– Professionnel : elle s’ennuie au travail, ses collègues ne sont pas sympas avec elle ; elle n’obtiendra pas la promotion envisagée, elle ne sera encore pas augmenté cette année… ;

– Privé : des relations compliquées, sinon détestables, avec ses parents,

– Intime : toujours célibataire, elle n’arrive pas à rencontrer les bonnes personnes, elle se fait toujours avoir, ça ne se passe jamais bien, etc.

Et pourtant, il y a deux jours à peine, elle terminait un accompagnement individuel qui s’était merveilleusement passé, où elle avait trouvé tant de clés pour modifier ce qui devait l’être, où elle avait compris tout ce que son enfant intérieur avait créé comme fausses croyances et comment elle pouvait les changer, comment elle pouvait consoler cet enfant, le protéger, et surtout le laisser libre de changer de regard sur son vécu, de changer ses croyances !


Elle avait compris qu’elle devait changer de travail. Que si elle se plaignait de ce qu’elle vivait, ça n’était de la faute de personne, c’était simplement qu’elle n’était pas à sa place. Et elle avait réalisé vers quoi elle devait se diriger, et elle en était très heureuse !
Pour son rapport avec ses parents, elle avait compris que c’était elle qui compliquait tout, qu’elle devait se mettre à leur portée, qu’elle ne les écoutait pas pour qui ils étaient véritablement. Elle avait accepté l’idée que c’était elle qui les avait choisis !! Et elle en était également très heureuse et libérée.
Quant à son monde intime, ses relations avec les hommes, tout pareillement, elle avait réalisé qu’elle se mettait une pression terrible parce qu’elle avait peur de n’être jamais à la hauteur. Et comme la peur est souvent corollaire à nos plus grands désirs, inconscients (!!),
elle mettait toujours tout en place pour compliquer ses relations et donc, rencontrer les personnes qui allaient répondre à ses attentes (inconscientes !!!).
C’est donc pour cela que, fort déstabilisée, elle m’avait appelé.
Et nous avions refait la trajectoire, revisité chaque instant en y accordant une attention toute particulière.
Et elle avait ri ! Elle avait ri de cette programmation dans laquelle elle se noyait toute seule !
Elle avait réalisé que ça n’était pas la première fois que ça lui arrivait !! Combien de fois avait-elle déjà pesté sur ce café toujours compliqué à trouver ?! Combien de fois, s’était-elle dit qu’elle devait lui trouver une autre place ?! Combien de fois, ça lui avait gâché le moment de boire un café ?! Et pourtant, elle avait continué à le ranger ainsi !
Par habitude… Par conditionnement, elle allait même jusqu’à déplacer le paquet de sucre et mettre le paquet de café derrière !!
Elle décida, suite à notre entretien, de tout transformer dans son appartement, pour ne plus avoir à refaire de mêmes gestes soulevant ses mémoires toxiques. Une transformation intérieure entraîne inévitablement un changement extérieur. D’abord dans la matière, le lieu où l’on vit. Car, faisant le monde à son image, si les changements ont été profonds en notre être, ils ont besoin d’être incarnés dans le visible autour de nous.
La conscience grandit dans l’écoute que l’on a de chaque instant, le plus infime.
Une règle, simple : dès que l’on sent un désagrément, même le plus infime, comprendre pourquoi, et changer ce qui doit l’être, ce qui peut l’être, sur l’instant.

Ce ne sont pas de petits gestes qu’on corrige,
ce sont des mémoires qu’on transforme.

Dominique LOQUIN

Le Corps

Parce qu’il n’est d’Être qui ne soit d’abord un Corps.

Parce qu’il n’est d’Expression qui ne naisse d’abord dans un Corps.

Parce qu’il n’est de Vérité qui ne traverse d’abord l’essence de ce Corps.

Apprendre son corps, c’est s’apprendre soi.

C’est communiquer avec son premier outil d’expression. Quel niveau d’écoute en avons-nous ?

Quelle conscience avons-nous de ce qu’il nous raconte ?

Quels liens faisons-nous entre ce qui est possible ou impossible physiquement, et ce qui l’est ou non dans notre vie, dans tous nos territoires d’expression ?

Le corps est un lieu d’expériences. Il témoigne de nos épreuves à dépasser et garantie leur résonante efficience sur tous les autres aspects de notre vie.

Être conscient de cette réalité est utile pour qui se veut artiste de sa propre vie. Elle est essentielle pour tout artiste de scène.

Le corps est le véhicule que choisit l’esprit pour venir s’incarner sur terre. En tant que monture de l’âme, il est un sas entre ces deux mondes, celui de l’esprit et celui de la matière. Celui de l’esprit fait appel à la dimension spirituelle de chacun, souvent liée à une culture, à une éducation, à l’influence d’une communauté religieuse sinon à des croyances nées d’un parcours intime. Il n’est pas lieu ici d’en débattre. En revanche, sur le plan de la matière, le corps physique est avant tout un corps social, au coeur des interactions visibles comme invisibles entre les corps, dans les relations intimes, familiales, amicales, professionnelles et sociales.

Le corps, en tant qu’outil fondamental du quotidien avec lequel chacun essaie de vivre, ce corps que chacun essaie d’écouter dans la mesure du possible afin qu’il le serve au mieux dans ses activités, qu’en est-il de son fonctionnement propre ? Qu’en est-il de toutes les interactions qu’il engendre : qualité de rayonnement qu’il crée, rapports de force qu’il induit et subit ? Si l’on peut constater l’excellence de ses expressions, quels en sont les rouages de base et comment les identifier simplement ? Si le corps est désaccordé par un comportement désapproprié, une croyance limitante, un fol assujettissement, peu importe le chemin que chacun choisit, les envies qui l’habitent et le futur qu’il projette, son expression ne sera pas juste. Il ne s’agit donc pas de perdre du temps à analyser les actes, ces fausses notes qui polluent le parcours d’une vie, il faut d’abord et avant tout réaccorder l’instrument.
Ce que j’ai pu vérifier depuis trente années d’enseignement, ce sont les liens très étroits qui existent entre la façon qu’a l’individu de gérer son propre corps, donc le connaître et le maîtriser, et la façon qu’il a de gérer sa propre vie. L’intérêt du travail sur la Neutralité est qu’il amène chacun à faire face, sans jugement, au degré de maîtrise ou non qu’il a de son corps, de son geste, et du mouvement de son corps dans l’espace.

Le corps synthétise l’identité, cristallise les fausses croyances de l’enfance enkystées en certaines zones : viscères, articulations, tissus, réseaux veineux, muscles, membres. Il crée des problématiques insignifiantes comme récurrentes, ponctuelles comme durables : des difficultés ou des incapacités gestuelles, du handicap, de l’allergie, de l’intolérance, de la dépendance, des troubles psychiques et/ou psychologiques.

Dominique LOQUIN

La Neutralité pour l’orateur

Neutralité & Expression en Public

Pour toute personne devant s’exprimer face à un public : conférence, discours, médiation, arbitrage, conciliation, jugement, etc. la neutralité est un état d’ouverture, d’écoute et de conscience, primordial pour éprouver son outil d’expression face à tout type de public en tout type de situation.

Le fait d’être face à un public requiert de la clarté, de la précision, et l’accord entre les deux modes d’expression : physique et orale. Tous les codes de la neutralité répondent à ces exigences et de devoir, dès les premières secondes, se faire accepter pour être écouté et compris, par le plus grand nombre. Ces codes n’ont rien de commun avec ceux utilisés lors d’une discussion en toute intimité où, au-delà de ce qui est exprimé avec les mots, toutes les réactions organiques mêlant regard, énergie, silence et respiration, ont une réelle puissance évocatrice.

Parce qu’il n’est plus question d’intimité entre deux personnes, mais d’une relation de même qualité avec dix, cinquante, cent, et plus encore…
La neutralité débute par les prises de conscience de l’état physique et psychique dans les séances de travail corporel et se poursuit par l’initiation au port du masque neutre, masque sans expression, qui met en évidence l’expressivité du corps.

De prime abord, le masque neutre va lui sembler lisser visage et corps en une expression figée, dénonçant les malhabiletés de chacun. Au fur à mesure de la pratique, son écoute sensible va se développer. Il va oublier le masque pour accéder, doucement, aux premiers stades de la neutralité qui font évoluer la conscience de son
expression. Ce faisant, l’être communicant va réaliser que la neutralité conjugue, pour le public, plusieurs systèmes de lecture qui vont bien au-delà du simple acte visuel.
La neutralité offre à tout orateur une grande conscience de l’image qu’il propose.
Il est essentiel, pour tout orateur, de comprendre que l’acte de s’exprimer en public est un acte exigeant de conscience, qui se rapproche de celui de l’artiste de scène.
De la neutralité naît la véritable expression.

De la neutralité se crée le « personnage » communiquant ; et ce, dénué d’a priori, de faux semblant, de caricature, de facilité à l’emporte pièce, d’effet racoleur, de clin d’oeil agaçant, de ces surcharges d’habillage masquant le vide abyssal de l’être communicant.

Pour tout orateur public, la neutralité met de la distance entre qui il est et ce qu’il a à dire. Elle permet d’accueillir tout événement, toute interaction inattendue dans le public, sans être pollué par des sentiments contradictoires à la situation présente issus de ses propres émotions. Etre interrompu, bousculé, provoqué, malmené, par un public réfractaire à son propos, peut amener l’orateur à vivre des perturbations intérieures fortes. Le risque est qu’il se sente lui-même rejeté alors que le public ne réagit qu’à ce qu’il dit.

Le langage de la neutralité, de par les huit règles qui le régissent, détaillent les étapes du parcours menant vers la libération, tant de l’être que de son expression.

Dominique Loquin

La douleur

La douleur est une manifestation si subjective que sa définition est difficile.
D’un point de vue physiologique, la perception de la douleur émerge d’un système sensoriel spécifiquement chargé de conserver l’intégrité corporelle : la nociception. Elle est considérée comme un système d’alarme qui protège l’organisme : elle déclenche des réponses réflexes et comportementales dont la finalité est d’en supprimer la cause et, par effet concomitant, d’en limiter les conséquences. Je vais tenter d’exposer un point de vue, né du bon sens, et confirmé, dans les faits, auprès de toutes les personnes avec qui j’ai pu travailler depuis trente ans.
Mais commençons par le commencement…

Depuis la phase embryonnaire de l’Être, tête et corps ne font qu’un, et participent à la création de toutes les mémoires. Durant les sept premières années, ainsi qu’une éponge, le Corps de l’Être se gorge d’une incroyable quantité de mémoires, emplissant le conscient comme l’inconscient. Passé ce temps, le cycle d’absorption s’achève. Le temps est venu pour l’Être de se construire. L’Être se voit alors contraint de puiser dans toute cette matière amassée et d’y faire ses propres choix pour continuer à évoluer. Un dialogue s’installe alors entre tête et corps, créant une dissociation entre ces deux puissances. Car ce sont bien deux puissances, à part entière, qui vont devoir vivre ensemble désormais, et ce, grâce à un sens au-dessus des sens, aussi mystérieux qu’illimité, l’Écoute.

Le corps porte en lui notre histoire par le biais de toutes les mémoires, sensorielles comme extrasensorielles, toutes ces informations signifiantes qui ont attiré notre attention ainsi que tous les autres stimuli de manière non sélective ou inconsciente.
La douleur
La tête, que je résumerais comme un mélange d’esprit, d’intelligence et de mental, est liée au corps qui possède également son propre cerveau, donc sa propre intelligence. Ils font partie de cet ensemble indissociable qu’est le Corps de l’Être humain.
Un dialogue permanent existe ainsi entre le corps et la tête : le corps envoie des messages pour avertir de ses besoins physiques comme physiologiques, pour solliciter telle action ou telle réaction.

Le but de tout Être, passé l’âge de sept ans, est de retrouver ce premier niveau d’unité qu’il connaissait avant. La notion d’unité sera interrogée plus tard, dans un sens philosophique, quand l’Être approchera, s’il l’aborde, le monde de la spiritualité où on envisage l’unité en réponse à la dualité du corps et de l’âme.
Mais ce premier niveau d’unité, si j’ose dire, ne peut se faire que par ce sur-sens : l’Écoute.

Sans Écoute, ces deux puissances vont lutter, l’une contre l’autre, et engendrer moult souffrances physiques, psychiques et psychologiques, en modifiant les états d’âme de la personne qui seront alors créateurs d’un quotidien de plus en plus éprouvant.
Le corps organique est la première victime de ce manque d’Écoute, par l’expression de déficits d’énergie provoquant, à terme, douleurs et souffrances, tant d’ordre physique que psychologique.


Car c’est devant la non-Écoute de l’Être, sourd à tous ses appels, que le corps va créer des signaux de plus en plus forts. Et il va utiliser la douleur, ainsi qu’une sirène d’urgence, pour tirer un signal d’alarme.
Une douleur peut être le résultat d’un faux mouvement, d’une chute, d’un coup qu’on reçoit ou qu’on donne, d’un choc, etc. Elle a une réalité tangible sur l’instant car on peut en expliquer la raison. Si la douleur perdure, elle a alors besoin du mental pour exister, et là, nous entrons dans une autre dimension de la douleur. Elle peut être également le résultat d’une émotion qui a engendré un sentiment. Et ce sentiment va nourrir ensuite une ou plusieurs pensées. Qu’elles soient fondées ou non, et peu importe leur nature, ces pensées vont prendre de la place dans l’espace du corps, et si elles ne sont pas exprimées afin d’être expulsées de l’espace physique, elles vont s’installer à plus long terme dans le corps, car elles n’ont pas le choix.

Ainsi, la douleur peut naître d’un événement, soit vécu dans la chair, soit dont on a été témoin, mais qui a laissé, dans le corps et dans la tête, un lot de sensations contraires qu’on n’a pas su, pu ou voulu, assumer, regarder en face, comprendre. Ou même dont on a refusé de se libérer et qui, n’ayant pu être extériorisée
d’une quelconque manière, n’a pas eu d’autre choix que de s’enkyster dans un endroit de notre corps, là où il y avait une place.

La douleur est une architecture savamment composée par tous ces passés, réels ou inventés, qui se sont imbriqués les uns dans les autres, toutes ces croyances aveugles, ces fantasmes refoulés, ces envies inavouables, ces actes terribles, ces violences, ces maux d’amour, ces mots d’enfant, de notre Enfant Intérieur qui croit, vérité ou invention totale, qu’il n’a jamais été écouté, aimé, reconnu pour qui il était. En un mot : abandonné. Et cet édifice a besoin d’une place où enterrer ses fondations.
Comme la nature a horreur du vide, la douleur va s’installer dans le corps, précisément là où l’énergie ne circule plus. Chaque pensée remplace ainsi un vide énergétique. Car la pensée crée de l’énergie, qui peut être positive comme négative, ainsi que de l’énergie électrique. Et comme le corps la vit comme un élément étranger, il souhaite s’en débarrasser et, pour ce faire, ne cesse d’envoyer des messages à la conscience de la personne. Mais quand celle-ci reçoit ces appels, elle ne les vit pas comme des messages qu’on lui envoie, mais bien comme de mauvaises pensées, resurgissant du passé, qu’elle a très vite envie d’oublier. Et le corps, lui, inlassablement se répète ! Ce qui a le don de créer de la tension, de faire revenir un mal-être, trop connu, accompagné d’autres pensées négatives, et donc d’amplifier la souffrance.
La pensée, comme le dit bien l’expression, va « prendre la tête », habiter tous ses instants, harceler ses résistances, éprouver ses nerveuses impatiences, et l’empêcher de vivre par le mal-être qu’elle va causer. C’est juste la méthode qu’utilise le corps pour pouvoir se débarrasser définitivement de cette pensée. Mais la personne le vit comme une agression, ce qui ne fait que nourrir encore plus sa pensée d’un surplus de négativité, qu’elle va réussir, par des moyens licites comme illicites, à faire sortir de sa tête. Elle se croit tout à coup libérée de cette pensée, alors qu’elle n’a fait qu’à nouveau l’oublier en l’abandonnant encore dans une partie de son corps. Ainsi nourri régulièrement, l’édifice de la pensée va croître et prendre de plus en plus d’espace dans le corps qui va lancer de plus en plus de signaux désespérés à la tête.

Heureusement (petit aparté impertinent), la société de consommation a trouvé une sublime parade par l’entremise des laboratoires pharmaceutiques qui en ont fait un business hyper rentable. Au lieu de s’occuper de la cause de la douleur, ils s’occupent de la douleur elle-même. Ils ont traduit la multitude de messages envoyés par le corps comme les signes annonçant les terribles maladies qu’ils ont créées de toute pièce. Ils soignent en anesthésiant les signaux et illusionnent ainsi la personne sur une supposée libération. Mais que nenni. On ne libère pas la vache à lait. Chaque pensée de base est toujours là témoignant de l’emprisonnement de la personne dans son éclatement aveuglé d’inconscience. Chacune a sa concrétisation sur des carnets médicaux devenus de véritables Curriculum Vitae pour des patients en manque de reconnaissance. Les bourreaux ont fini par anoblir leurs victimes.

La douleur est envisagée comme un corps étranger à son propre corps. La définissant ainsi, l’Être crée une séparation en lui, en ce qui Est. Car qu’on le veuille ou non, ce qui est, Est. Et la douleur fait partie du Soi au moment où on la perçoit. Même si c’est une conception mentale, créée de toute pièce par le corps, pour signifier son profond désaccord sur la présence d’une autre conception mentale, qui a été enkystée dans ses chairs, tout vient du Soi, donc de l’Un. Et donc cette douleur n’existe qu’à partir du moment où on a quitté notre Unité.

La retrouver passe inévitablement par l’incarnation de cette douleur pour ne faire qu’un avec elle. Car la douleur est une invitation, une solution proposée par le corps, une porte d’accès vers une libération. Refuser la douleur, c’est se refuser la solution de s’en libérer. La douleur est une clé.


Dominique Loquin

La Neutralité


« Le corps est le vaisseau de l’âme, la neutralité celui de la conscience. »

Pour imager l’état de neutralité, imaginez un triangle de base se composant de trois points : l’Esprit (l’énergie), le Corps (la matière), l’Être (l’union des deux), et le quatrième point formant le sommet du tétraèdre : la Vie (le lieu de toutes les interactions).
L’état de neutralité crée l’équilibre, c’est-à-dire l’équidistance, entre ces quatre points. Et l’équilibre s’acquiert par une suite de constats qui vont amener, de façon évolutive, des prises de conscience. En identifiant et en acceptant tout ce qui crée du déséquilibre, il est possible à l’Être de modifier ses priorités et réorienter tant ses choix que ses actes. Et ce, guidé par le bon sens, cette forme d’intelligence de base, instinctive, présente en chacun.

Rechercher l’état de neutralité n’engage pas la part intime de l’Être, ce qui concerne ses convictions propres, ses croyances culturelles comme religieuses, le choix de ses modes d’interactions sociales, ainsi que tout ce qui appartient à l’univers de ses pensées. La neutralité ne remet pas en cause sa structure, ne modifie en rien ses valeurs ni ne change rien de son mode de fonctionnement, quel qu’il soit. Au contraire, la neutralité, en simplifiant son expression, laisse place à l’émanation naturelle de son être.

La neutralité est un état d’être : calme, serein, heureux sinon joyeux, qui permet à chacun de se présenter face à l’autre, aux autres, en totale ouverture et écoute sans offrir le moindre aspect dérangeant qui pourrait être utilisé contre soi. C’est sur le chemin de la neutralité que seront mis en évidence tous les déséquilibres dans l’expression du corps, ces gestes réflexes tellement significatifs, ces réactions épidermiques qui dépassent la lucidité mais résument une pensée inconsciente. Il y a ces attitudes corporelles qu’on pense sans importance, dont la portée évocatrice est indiscutable pour la personne en face, tous ces moments laissés à l’abandon de la conscience où, comme le dit si bien l’expression, « on donne le bâton pour se faire battre ». Par là, je veux évoquer ces fatalités qui semblent frapper certaines personnes de façon récurrente : « je me fais toujours avoir », « je n’ai jamais de chance », « je n’ai pas confiance en moi », « au travail, les corvées c’est toujours sur moi que ça tombe », « je rate tout », « mes conjoints ont tous été violents », « je ne tombe que sur des menteurs », « mes femmes m’ont toutes quitté », « personne ne me voit », « je me fais tout le temps voler »… Dès qu’un processus se répète, le corps en porte les stigmates. Et les stigmates dessinent, sinon renforcent, dans l’invisible, ce que j’appelle « la deuxième colonne vertébrale » d’un personnage, créé dans l’enfance sur des fausses croyances, et qui a besoin, pour son équilibre, de trouver un alter-ego qui réponde à ses attentes. « Qui se ressemble s’assemble » dit l’adage. Ces informations sont révélées, dans le visible, par d’insignifiantes touches comportementales qui, en revanche, sont très parlantes dans l’invisible pour le fameux alter-ego. Il est à préciser qu’il n’y a pas de coupable dans la relation, parce que l’alter-ego se trouve également emprisonné dans un processus identique. Il est ici question de nos projections, nos projections sur l’autre, que la neutralité offre comme avantage de limiter ou de gommer.

La neutralité révèle le meilleur de l’être, d’abord en sollicitant son intelligence de coeur, alliée au bon sens qui le relie à tous. Ensuite, peut-il plus aisément comprendre et accepter, grâce à cette conscience élargie, sa propre vie ainsi que celle de tous les êtres qui l’entourent. Enfin, la neutralité lui permet d’incarner cette force tranquille qui autorise, en toute confiance, car débarrassée de tous préjugés, à révéler son autorité naturelle, son charisme, sa séduction, c’est-à-dire l’excellence de son expression.
La neutralité fait naturellement sortir de sa zone de confort en exigeant un état élevé de conscience, connecté directement au présent. La neutralité bouscule les codes de la société contemporaine où tout doit aller vite, où il faut faire, résoudre, finir, avant même d’avoir réfléchi à la portée de chaque action.

– Être neutre, c’est être simple. C’est assumer ce qu’on fait au moment où on le fait et comment on le fait, parce qu’on en a la pleine et totale conscience et qu’on est en parfait accord avec qui on est, parce que connecté en permanence à sa vérité intérieure.
– Être neutre, c’est l’authenticité sur l’instant, de façon indiscutable, et ce, sans qu’il soit besoin de dévoiler quoique ce soit d’intime.
– Être neutre, c’est être conscient que toute pensée vient colorer l’expression et que le corps la diffuse dans l’invisible.
– Être neutre, c’est permettre à toute couleur, conscientisée, de beaucoup moins interférer, sinon plus du tout, dans le message que l’on souhaite donner. Elle est comme « neutralisée ».


L’Intelligence Émotionnelle VS Neutralité

(En réponse à une question de Yohanna Gomez, psychologue du travail, sur ce que je pensais de l’Intelligence Émotionnelle, et après avoir lu son article sur le site Entreprise Heureuse « Pourquoi développer les 4 compétences d’Intelligence Émotionnelle ? »)

L’intelligence émotionnelle est, en effet, un concept américain qui allie deux mots, aussi non miscibles que l’huile et l’eau oserais-je, intelligence et émotion… On peut mettre de l’intelligence partout, c’est très tendance, et en mettre dans un processus réflexe du corps, pourquoi pas. Mais là où je ne vous rejoins pas dans votre explication, c’est quand vous évoquez qu’il s’agit de rester naturel et de contrôler ses émotions pour ne pas se laisser dicter sa conduite par elles.

Ce ne sont pas nos émotions qui dictent notre conduite, mais les sentiments que nous nourrissons à l’égard de ces émotions.

Exemple : J’ai sursauté en entendant un bruit inhabituel dans ma maison. La peur est donc l’émotion réflexe qui ne dure que quelques secondes. C’est ce que je vais en faire après qui va influer grandement sur mon comportement et va pouvoir, selon mon état psychologique, s’installer dans le temps : « Je me sens ridicule d’avoir eu peur, il n’y avait vraiment aucune raison ! »

Et là, commence à s’installer le sentiment de honte de soi, voire de mépris, oh, pas de façon grossière, non, ça s’installe subtilement, et ça fait du lien petit à petit avec tous les souvenirs liés à ce sentiment. Vont alors remonter grâce à notre cher mental, bras armé de notre inconscient, toutes les situations où je me suis trouvé ridicule, peureux, nul. Et cette formidable accumulation va réinstaller à nouveau une vérité en soi que l’on ne connaît que trop : « Je suis nul, incapable, incompétent… », ou tout autre subtil sentiment de dénégation de soi, et je sais à quel point l’être humain est supérieurement intelligent pour s’en créer !!!

Ainsi donc, l’émotion en elle-même ne fut qu’un signal, objectif, qui n’a rien à voir avec le mental. Alors que le sentiment qui en résulte, et qui, lui, va s’installer dans le temps, est un pur produit de notre psychologie, de notre état mental. On devrait donc plus parler d’Intelligence du Sentiment que d’Intelligence Emotionnelle… Essayer de maîtriser l’émotion ne me paraît donc pas une juste explication. C’est plutôt tout le processus qui en résulte qui doit être conscientisé.

Et c’est là où intervient la Neutralité, où je fais le lien entre Théâtre et Vie.
Pour moi, la Vie est une grande scène où nous ne cessons d’avoir des masques pour cacher notre propre réalité, tant à nous-mêmes qu’aux autres. Et la Neutralité permet de neutraliser, sinon gommer, tous les masques, toutes ces couches de sentiments non-exprimés.


Mais ce sera le sujet d’un autre article !
Au plaisir !
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Dominique Loquin